Too Loud

Créé par le 30 oct 2009 | Dans : bonheurs primitifs

 » Ceux qui rient beaucoup sont plus heureux que ceux qui rient peu, car la gaieté épanche la rate et fait faire du bon sang  » Giacomo CASANOVA

 

Il dit qu’il n’aime pas quand je ris trop fort.

Je dis que je l’emmerde.

Je l’emmerde lui et tous ces culs serrés qui tremblent devant le qu’en dira-t-on.

Mais qui se soucie de mon rire à 22 heures ?

Quelle importance a cet éclat de voix à côté des hurlements des enfants du premier étage ?

Ces enfants qui grandissent dans les cris de leur père et de leur mère, dans la violence verbale, dans le chaos perpétuel ?

Qui ? Qui va se soucier de mon rire tonitruant ?

Pourquoi ? Pourquoi ne pourrais-je le laisser sortir à la hauteur de sa force ? Lui qui peut s’exprimer alors que toutes les autres voix de mon corps se taisent : les larmes, les peurs, les angoisses, qui n’ont ni droit de vote ni droit d’expression.

Alors faut-il encore que ce rire se taise lui aussi ?

Je l’emmerde lui et tous ces culs serrés.

Ils n’ont qu’à se marier aux miss nunuches qui ricanent gentiment sans montrer leurs dents.

Et quand je ne rirai plus, plus du tout, que dira-t-il alors ?

Se souviendra-t-il de ces décibels comme d’un hymne à la vie, la révolte, la colère, la résistance ?

Ou se dira-t-il bienvenue le silence ?

HAHAHAHHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHA

 

Baguette magique

Créé par le 25 août 2009 | Dans : bonheurs primitifs, bonheurs sensuels

 » Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’effort et de volonté, mais réside là tout près, dans la détente et l’abandon.  » Lama GUENDUNE

Ce n’est qu’un tout petit bout de plastique.

Un tout petit bâtonnet de plastique coloré, coiffé à chacune de ses extrémités de ouate blanche.

Peu importe le jour où l’heure de la douche, ou du bain, peu importe que l’on soit ou non en retard, que le téléphone sonne ou que le repas soit en train de cuire.

Je prends quoiqu’il arrive le temps de m’asseoir au bord de la baignoire, une serviette enturbannée autour des cheveux, les jambes nonchalamment croisées.

Je laisse mes yeux partir en l’air, mes paupières se fermer, tandis que le petit batonnet habillé de coton avance dans mon oreille.

Le présent s’efface doucement pour laisser la place au rituel. Il n’y a plus que le frottement du bâtonnet, le gratouillement délicieux des esgourdes, presque un râle incontrôlé qui monte dans le fond de la gorge, comme un orgasme.

Un orgasme que l’on peut avoir en double, une fois à droite, puis à gauche.

Puis les yeux s’ouvrent à nouveau et les contours flous des nuages se transforment en meubles, les murs reprennent la couleur des tapisseries et le carrelage ses reflets de porcelaine.

De la magie dans ce rituel quotidien, un lâcher prise indolent, égoïste et bienfaisant.

Rien que de la magie, dans un coton-tige.

 

 

 

 

Le Pré

Créé par le 11 août 2009 | Dans : bonheurs enfantins, bonheurs primitifs

 » Le bonheur pour une abeille ou un dauphin est d’exister, pour l’homme, de le savoir et de s’en émerveiller.  » Jacques-Yves COUSTEAU
 

As-tu déjà vu la houle parme qui danse à la surface des champs de luzerne ?

Si tu ne l’as jamais vue, alors tu ne sais pas à quoi servent tes yeux.

As-tu déjà froissé dans tes doigts la marjolaine qui borde les chemins, pour en respirer le parfum ?

Si tu ne l’as jamais fait crois-moi, tu ne sais pas vraiment te servir de tes doigts.

L’as-tu déjà entendu, le temps, ponctué par les tintements de cloche du troupeau qui s’en va paître le matin, et qui revient le soir, conduit par une mince baguette de bois à la main de cette même jeune femme, par le même chemin ?

Si tu ne l’as jamais entendu, alors crois-moi, tu ne sais pas à quoi te servent tes oreilles.

As-tu déjà senti le foin fraichement coupé, comme une chaleur lourde, t’emplir les narines et t’entêter ?

Si tu ne l’as jamais senti, crois-tu vraiment savoir à quoi te sert ton nez ?

As-tu déjà goûté la base jaune et sucrée d’une tige d’herbe tirée doucement par son sommet, alors même que le vert ne s’y est pas encore installé ?

Si tu ne l’as jamais fait, alors crois-moi, tu n’as jamais rien goutté.

Peu importe que tes yeux te servent à envier, que tes doigts te servent à montrer les objets que tu voudrais posséder, que tes oreilles écoutent ce que l’on veut bien y déverser, radio, pubs, télé, que tu renifles le dernier Jean-Paul Gaultier, ou que tu croies au vu de ton addition goûter le meilleur.

Cela ne compte pas vraiment, si tu ne connais pas le Pré.

C’est de l’art

Créé par le 11 août 2009 | Dans : bonheurs primitifs

 » La vie est en elle-même une toile vide. Elle devient ce que vous peignez dessus. Vous pouvez peindre la misère ou vous pouvez peindre la joie. Cette liberté est votre splendeur.  » Osho Rajneesh

 

On n’a pas le temps de regarder ses enfants, emportés qu’on est par le quotidien.

Le matin, il faut se dépêcher de déjeuner, s’habiller, se brosser les dents, on crie, on pousse, on presse…

Le soir après le travail, c’est la même chanson.

Le stress de la journée dans les pattes, on crie, on pousse, on presse ; il faut prendre la douche, mettre le pyjama, faire les devoirs, manger, préparer à manger…

On n’a pas le temps de regarder ses enfants.

Puis vient le temps des vacances.

Elle est là, devant son bol de chocolat, totalement absorbée par le dessin animé.

Avez-vous déjà vu la perfection ?

Il parait que le tableau de la Joconde s’en approche.

Mais ce n’est RIEN à côté d’elle :

L’arrondi parfait de sa joue, sa peau, qui semble si douce et veloutée, ses petites oreilles, son cou souple, que l’on voudrait remplir de baisers, sa petite bouche comme un fruit mur qui tout à coup se mue en sourire.

Quelle beauté.

Ô ma beauté, est-ce moi qui t’ai faite ainsi ?

Parfaite, à l’aube d’une vie qui j’espère, te sera aussi douce que le fin duvet qui par endroit te couvre.

Je n’ai rien à faire ce matin. Pas d’horaires à respecter, pas d’école, pas de train à prendre.

Alors je prolonge jusqu’à la fin ce moment de contemplation divin.

Vaqueros

Créé par le 08 août 2009 | Dans : Non classé

 » Car le bonheur est fait de trois choses sur terre, qui sont : un beau soleil, une femme, un cheval !  » Théophile Gautier

 

C’est un concours de chevaux de trait. Il y a une forte odeur de crottin dans l’air, bien plus forte qu’au centre équestre. Ils ont presque tous la robe palomino. Quelques poulains tètent leur mère, les propriétaires des chevaux ont installé des tables de camping derrière les camions.

On marque les bêtes au fer rouge avec des numéros, mais elles restent calmes.

Leurs maîtres leur flattent les joues, l’encolure, ou leur caressant le chanfrein.

Près de l’entrée il y a la buvette, une grande toile bleue marine sous laquelle un repas sera distribué dans quelques minutes. On voit les femmes qui s’affairent à découper le pain.

Quelques mètres plus loin, il y a une camionnette avec un étal et une banderole indiquant « sellerie ». On y voit des licols et des filets, des selles, des tas d’accessoires.

C’est coloré, alors même si on n’a aucune raison d’y acheter quoi que ce soit quand on n’a pas de cheval, on s’en approche.

Et sur le coin droit des 3 tables formant un U, il est là.

Le chapeau. Un vrai chapeau de cow boy. Un chapeau qui sent le cuir. Que dis-je, un chapeau qui respire le cuir.

Exagérément cher, parce qu’à l’intérieur il y a le dessin de l’australie au milieu de laquelle on peut lire  » made in australia », et au dessus,  » hand made « ,  » Australia’ s Leading Leather Hat « .

On sait que le poser sur sa tête, c’est comme sceller son destin.

Comment résister à l’étreinte de ce lourd chapeau de cuir, ce couvre-chef d’aventurier, ce compagnon de toute une vie…

C’est vrai qu’il va pas du tout avec ma petite robe multicolore en voile, mon bracelet de cheville acheté chez kiabi, mon legging et mes chaussures compensées à poids…

Je sais que quand je le porte tout le monde me prend pour une touriste, une éberluée, une originale, une fille qu’a pas de goût, mais j’m'en fous.

Quand je le porte je comprends enfin les livres de Cormac Mc Carthy, même s’ils sont à moitié écrits en espagnol et que moi ma deuxième langue c’était l’allemand.

Quand je le porte, même quand il faut supporter le regard de la vendeuse chez Claire’s au moment où je lui paye sa pince à cheveux, je me sens plus proche des héros du Grand Passage quand ils traversent le Mexique à la recherche de leurs chevaux.

Parfois je rêve d’avoir un cheval. A défaut, j’ai au moins un chapeau.

Fêtes de Villages

Créé par le 15 juil 2009 | Dans : Non classé

 » Le bonheur, ce n’est pas une note séparée, c’est la joie que deux notes ont à rebondir l’une contre l’autre.  » Christian BOBIN

 

Salle vide ou presque, visages inconnus, ou presque.

Grandes tablées multicolores, sets de tables, serviettes en papier rouges, jaunes, roses, bleues, violettes.

Nouveaux arrivants.

- Bonjour !

- Bonjour…

- C’est ma fille, vous ne la reconnaissez pas ?

- Oh non ! Je ne l’avais pas reconnue ! Qu’est-ce qu’elle a changé !

- C’est son futur mari

- Ah oui ?!

- Oui, mon futur deuxième mari…

- Ah oui ?!? HA HA !!!

Brouhaha, bruit presque intenable qui s’installe.

Chips, vin blanc, cacahuètes, presque plus faim déjà.

- Je ne vous connais pas, alors je me présente ! Je suis Madame Thomas, je suis du lotissement là-bas derrière, et vous ?

- Euh… je suis la fille de la deuxième adjointe au Maire

- Ah… connais pas…. Je sors pas beaucoup, mon fils est handicapé…

- Ah…

Kir, buffet des entrées, jambon persillé fait maison, Mâcon Village, piémontaise.

Conversations avortées.

Va et vient vers le buffet, vieux bedonnants, ventres tendus sous les chemises à carreaux, teints rougissants, barbes, barbiches, moustaches, odeurs de transpiration, rires gras, Mâcon Village, brouillard cotonneux qui s’installe…

Vie truculente, valse bouillonnante de corps, de paroles, de cris et d’odeurs.

Pavés de rumsteack, St Gengoux, plateaux de fromages, Mercurey…

- Et votre femme, elle n’est pas venue ?

- Non, c’est une emmerdeuse, comme toutes les femmes !

- Oui c’est bien vrai ça !!! HA HA !!!

- D’ailleurs le Chanoine Kir l’avait bien dit…

- Le Chanoine qui ???

- Le Chanoine Kir !

- Ah…

Vacherins glacés, salades de fruits, concours de boules, pêche à la ligne, courses en sac, batailles d’oeufs, batailles de farine, prises de catch, clavicules cassées, sirènes des pompiers, brumes d’alcool, voiles de coton, brouillard pâteux, anesthésie légère, bienfaisante.

Chaussures échouées dans l’herbe, orteils divagants dans les prés, fourmilières invisibles, piqûres entre les cuisses, chaussures remises, buvettes improvisées.

Un dernier Perrier… Ah non, c’était le premier…

Départs à reculons, mains agitées et baisers jetés par les fenêtres des voitures.

Chaises bientôt empilées, comme des souvenirs, un soir d’été.

Entre les murs

Créé par le 13 juil 2009 | Dans : bonheurs enfantins

 » Être étonné, c’est un bonheur ; et rêver, n’est-ce pas un bonheur aussi ?  »

Edgar Allan Poe

 

J’aime les étangs en hiver, j’aime le bleu des étangs d’hiver. Si dense et presque métallique, je sens sur lui glisser le vent pour venir ensuite me fouetter le visage et l’empourprer.

L’étang d’hiver est poétique, avec ses bords de foin jaune et sec, ce contraste bruyant de couleurs dans sa saison toute grisonnante.

J’en ai des photos plein la tête. J’y ai écrit des chansons , il me semble, qui parlaient d’estime de soi, cette chose enlisée tout au fond d’un moi vaseux.

Oui mais l’hiver, il n’y a pas cette jungle de roseaux.

Ces grands murs de roseaux qui se dressent tout autour.

Je fais le tour de l’étang, et je guette ces minuscules criques magiques où l’eau émeraude légèrement trouble se fait un passage entre les murs de cette flore fabuleuse.

Si je pouvais y aller et m’y asseoir, je n’y écrirais pas de chanson, ce serait pour me cacher.

Je serais à l’abri de tout, pour un temps.

Même si l’on peut s’imaginer voir de tout surgir entre eux, si dense et serrés soient-ils.

Ce pourrait être un fauve, ce pourrait être un chien joyeux qui s’arrêterait le temps d’une caresse ou deux, ce serait un héron, ce serait un homme avec un chapeau de tissu vert sombre, le cordon autour du cou et les bords relevés sur les côtés, ce serait tout ce que j’imaginais dans mes heures de solitude adolescente.

Et si ce ne sont que des fantômes, il me reste la sérénité.

 

Heures étranges

Créé par le 06 juil 2009 | Dans : Non classé

 » Le bonheur de demain n’existe pas. Le bonheur, c’est tout de suite ou jamais. Ce n’est pas organiser, enrichir, dorer, capitonner la vie, mais savoir la goûter à tout instant. « 

René Barjavel

C’est pas que je suis pas du matin.

C’est pas que je suis un oiseau de nuit.

C’est juste que je supporte pas de voir arriver l’heure d’aller se coucher. Alors je me dis que c’est pas l’heure.

L’heure de voir mourir ce jour, comme si c’était le dernier.

Je ne connais pas l’impatience de voir le jour suivant venir.

Et puis j’aime bien ce silence de fin de soirée.

Le silence de la rue, l’heure à laquelle on se demande d’où reviennent et où peuvent-ils bien se rendre, tous ces gens dans leurs voitures.

Je parle pas de ceux que je vois parfois tituber au milieu de la route, ceux-là me font peur parce qu’ils m’en rappellent un que j’voudrais oublier.

C’est l’heure à laquelle je sais que je vais pouvoir m’asseoir à côté de ma fille, poser des baisers sur ses joues, caresser longuement ses cheveux, lui dire que je l’aime, la regarder sans fin, sans jamais la réveiller.

C’est l’heure à laquelle il n’y a qu’une fenêtre ou deux qui s’éclairent sur les immeubles alentours, d’où l’on voit s’échapper ces lumières bleutées et changeantes. Et on se demande, qu’est-ce qu’ils regardent ? Qu’est-ce qui les tient éveillés si tard ?
Et moi je me sens comme le gardien de la nuit, comme le gardien de ces heures étranges.

Un gardien qui erre à moitié nu et nu-pieds dans les courants d’air et la noirceur des couloirs.

Et oui je sais que demain quand le réveil va sonner j’arriverai même pas à me soulever un petit bout de paupière.

Je sais qu’il va s’énerver de l’entendre sonner pendant une demie heure, toutes les dix minutes avant qu’une de mes jambes tombe mollement du lit vers le sol.

Et puis finalement quand je me couche, n’osant plus compter les heures qui me restent à dormir jusqu’au lendemain, je lui passe le relai, si par hasard elle jette sa lumière crue sur mon édredon, par la fenêtre ouverte.

A elle de me garder maintenant.

Au lever du soleil je maudirais ces putains de piaf qui braillent tout ce qu’ils peuvent pour célébrer le jour naissant.

Je les comprends pas. Moi quand je regarde la lune depuis mon oreiller, c’est dans un silence respectueux et recueilli que j’ai envie de lui dire merci.

 

 

 

 

 

Road after Storm

Créé par le 10 juin 2009 | Dans : bonheurs sensuels

 » Le bonheur, c’est du chagrin qui se repose  » Leo Ferré

 

L’odeur du bitume après l’orage.

Après ? Avant ? Ou pendant ?

Je ne sais plus.

Comme si l’odeur effaçait les frontières de l’espace temps.

L’odeur chaude et lourde, et si intense, oh oui, si intense, qui monte du bitume.

Une odeur qui sent le road moavie, les harley davidson, un truc qui rappelle vaguement sur la route de Kerouac, un livre que j’exhibais au lycée pour me donner un genre, alors même que je le trouvais chiant et que j’y comprenais rien.

Faut dire que j’avais pas envie de prendre la route ni envie de liberté à l’époque, en fin de compte. J’avais juste envie qu’on me remarque, pas envie de rester seule dans mon coin.

Mais pour pas être seule dans son coin ce qu’il fallait faire c’était porter les mêmes fringues que les autres, bêtasse ! Pas se promener avec un livre de Kerouac…

Quelle importance aujourd’hui ?

Juste envie qu’il y ait quelquepart un champ de colza pour s’unir avec le noir fuyant du ciel et cette odeur de bitume gorgé d’eau.

Peut-être même que je me prendrai pour un oiseau et que je ferai voler ma main par la fenêtre ouverte de la voiture, oui, je lui ferai prendre la résistance du vent, les dernières gouttes de l’orage, pour me consoler de tout ce que je ne serai jamais : le vent, la pluie, le motard sur la harley, la route, odorante, humide, infinie.

La vieille bicyclette

Créé par le 22 mai 2009 | Dans : bonheurs enfantins

 » Le vrai bonheur coûte peu, s’il est cher, il n’est pas d’une bonne espèce.  » Chateaubriand

Ce fut comme une révélation.

Moi qui pendant si longtemps, avait encensé cette vieille berline avec son chargeur 12 CD, capable de me dispenser pendant les plus courts trajets les titres les plus rock’n'roll de la planète métal, que j’allais hurler à tue-tête jusqu’à la grille verte du parking des bureaux et son gyrophare,

Moi qui ai toujours pensé que cela me donnait de la force de me rendre au travail sur ces airs guerriers,

Moi qui, dans mes rêves les plus fous de française des jeux, me voyait retaper cette vieille berline à l’effigie de KISS, Gene Simmons sur le capot, Paul Stanley sur le toit, Peter et Ace se partageant les portières,

Je ne sais pourquoi tout à coup il me fallut un vieux vélo.

Alors que j’ai toujours préféré courir que pédaler, alors que depuis 10 ans je n’avais plus rien enfourché que quelques partenaires, tout à coup il me fallut un vieux vélo.

Peut-être que ça me passera, à force de me taler le cul sur cette vieille selle, et de prendre dans mes yeux et ma bouche grands ouverts les moucherons du soir tombant.

Peut-être que ça me passera, à force de me prendre dans les genoux le guidon trop bas bien que réglé à son maximum, à force de risquer de belles croûtes au menton et des dents amochées à tous les nids de poules et les trottoirs trop hauts…

En attendant de me lasser, j’enfourche une fois n’est pas coutume une partenaire féminine, qui elle ne s’occupe pas si bien de mon séant, mais me permet de faire flotter mes cheveux dans le vent, de traverser le parc chaque matin le souffle haletant, et de me sentir un peu plus vivante… qu’avant.

 

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