IRON MAN

Créé par le 15 juil 2010 | Dans : bonheurs inavouables

 » Il n’y a pas de plus grande joie que celle qu’on n’attend pas. » Sophocle
 

On prend les mêmes et on recommence.

Une fête de village, ça n’est jamais sans risque.

Pour commencer, on risque fort de s’y ennuyer.

Il y a tous ces gens qu’on ne connait pas, et qu’on n’a pas forcément envie de connaitre non plus.

Avouons-le, c’est assez drôle de les observer, voire si nécessaire de se moquer.

J’aime bien le vieux avec sa grande mèche qu’il met en travers de son crane pour cacher sa calvitie, et le look du voisin de derrière, celui qui avait la vue sur ma chambre, celui qui m’a forcée à fermer les rideaux les 3/4 du temps, avec ses pantoufles et ses chaussettes remontées jusqu’au genou, sacrée tenue pour un repas du 14 juillet…

A l’heure de la sieste, après le rosé pamplemousse, le Mâcon St Gengoux, le Passetoutgrain et le crémant rosé, on lutte difficilement contre le sommeil, mais c’est avec succès qu’on arrive jusqu’à l’heure du café.

Ce ne sont malgré tout que des risques calculés.

On n’avait pas prévu l’humiliation publique de fin de soirée.

Quand sa propre mère, elle aussi bien arrosée, se met à étaler votre vie privé au milieu de la grande tablée regroupant les habitants du village où vous avez grandi, qui commencent à vous regarder fixement avec de gros yeux ronds, alors qu’elle dit, comme si de rien n’était :

 

 » Oh ma fille, elle est tout le temps fourré chez le psy ! Tout le temps j’vous dis !! ça sert à rien, elle en a pas besoin ! Elle ferait mieux de dépenser son argent autrement ! Achète toi des robes tiens plutôt !  »

J’ai envie de la tuer, mais je me retiens, ça ferait désordre, une strangulation brutale en travers du jambon persillé et des merguez… Je la foudroie du regard tant que je peux, mais les crispations de ma machoire ne semblent pas l’affoler plus que ça, elle est bien décidée à rabaisser sa progéniture à un niveau qui ne doit pas excéder la hauteur d’une bouse de vache après 15 heures d’exposition solaire intense.

C’est alors qu’il se met à parler. L’inconnu, juste à côté d’elle. 45 ans, les yeux clairs et la peau mate. Je ne l’avais pas encore remarqué.

J’avais bien remarqué Mr L. avec sa fâcheuse tendance à vous passer la main dans le cou, puis dans le dos, avec son haleine fétide à 2 cm de votre propre bouche, et ses avances grasses pendant que votre mari a le dos tourné…. J’avais bien remarqué Mr M. et son rire qui vous pète le tympan alors que personne n’a rien dit de drôle depuis les 32 dernières minutes, Et puis aussi Mlle V. très fière de se promener avec la décoration de table en guise de coiffure bucolique…

Mais lui, je ne l’avais pas vu…

 » Vous savez, moi aussi je vais voir un psy, au début j’étais réticent, mais maintenant, j’ai une autre manière de voir les choses. Alors n’essayez pas de vous mettre à la place de votre fille, vous n’y arriverez pas de toute façon.  »

C’est qui lui ? Un chevalier sur son blanc destrier ?

C’est miraculeux, elle se tait.

Je crois même qu’elle a honte de ce qu’elle a dit.

Je suis partie sans lui dire au revoir et sans savoir qui il est, je ne veux pas savoir son nom.

D’abord parce qu’ainsi je ne serai pas tentée de l’appeler un jour pour lui dire merci.

Et puis parce que de toute façon, l’identité des super héros reste toujours secrète.

 

Mon Président

Créé par le 30 juin 2010 | Dans : Non classé

 » Il n’est rien de plus beau que l’instant qui précède le voyage, l’instant où l’horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses. » Milan Kundera
 

Ce soir, j’ai dit adieu à mon Président.

Mon Président qui part pour un pélerinage de deux mois.

Et qui pour sceller cet adieu, reçoit cette poignée de privilégiés dont je m’étonne encore de faire partie.

Comment décrire cette adieu, sur cette terrasse sous la lune rousse.

Alors que le puligny montrachet nous embrume déjà le coeur, tu nous sors ce bordeaux qui fête ses 20 ans.

J’attends que tout le monde soit saoul pour raconter l’histoire de l’ours bleu.

Cette histoire qui ne fait rire personne à jeun, mais qui fait résonner les rires quand tout le monde est saoul.

Au moment du départ, je t’envoie affolée des baisers par la fenêtre d’où tu nous regardes partir.

Ils ont tous les larmes aux yeux, mais moi j’attendrai d’être sur mon balcon.

Malheureusement à cette heure, c’est la fille du 4ème qui rentre chez elle avec deux jeunes trous du cul, qui éclatent leur bouteille de bière devant mon entrée.

Je les insulte copieusement, parce que j’ai plus peur de rien à cette heure, et j’ai le coeur qui saigne de ne pas savoir si tu reviendras un jour.

Et de mon balcon je vois cette même lune rousse qui nous cajolait tout à l’heure.

Demain 8 heures tu t’en vas, et tu nous laisses orphelins.

Et moi je garde le souvenir de ton sourire serein.

The Three Men of my Life

Créé par le 08 juin 2010 | Dans : Non classé

« Le bonheur, c’est d’avoir quelqu’un à perdre.  » Philippe Delerm

 

My Brother,

When you come to me in the street, with these flowers in your hands, wearing your little smile and these smarts eyes, I feel special.

Cos I know we share more than a mother and a father, souls connected, raised in the same cold and green water from this beautiful island.

And I know there will always be a place for my madness in your heart and in your head.

 

My Soul Mate,

When you wait for me so late in the night at the station, caring about me as I was a little child or a precious thing, I feel special.

Cos I know we share more than pain, laughs connected, so loud and proud, as strong as the music we’re listening in private, rising above the treponem we fight.

And I know there will always be a place for my sorrows in your heart and in your head.

 

My Love,

When you come to find me at the window, smoking my cigarette, to make me taste that sweet cake full of chocolate that you’ve made, I feel special.

Cos I know we share more than a house, hands tight, the same hand that made me write a song, promises of a second chance in that red room with its door closed.

And I know there will always be a place for my anger and my cry on your shoulder.

And this is how I wanna feel, special.

This is how I always wanna feel.

And with the three of you I always wanna be.

The One

Uncomplete

Créé par le 21 mai 2010 | Dans : bonheurs inavouables

 » Du moment que le bonheur c’est de vivre, on doit le trouver aussi bien dans la douleur que dans le plaisir et parfois jusque dans l’ennui  » Marcel Jouhandeau 
J’emmerde la perfection.

Je suis aux antipodes de la perfection. D’ailleurs quel intérêt peut-elle avoir ? Et où est-ce que Shostakovitch serait-il allé chercher l’inspiration sans cette si précieuse souffrance ?

Sans l’oppression, sans la torture, sans la brulure intérieure… Samuel Barber n’aurait pas écrit d’adagio, et que dire d’Albinoni ?

Le désordre intérieur, la grande nébuleuse, c’est incompréhensible, mais tellement poétique…

Il n’y a ni prose ni poésie dans la perfection, il n’y a que l’ennui et le vide existentiel.

Parce que la moelle ne transpire qu’à travers nos failles.

Je m’accroche à mes entailles, mes blessures, mes écorchures, mes cicatrices, au rimel qui coule sur mes joues, à mon haleine chargée, à mes mots grossiers, à ma tête et mes poings qui cognent les murs, à tout ce qui fait de moi quelqu’un qui se dresse loin au delà de cette perfection, et de tous ces bourgeois, que je vomis, comme Yves Simon les avaient si bien décrits, à leurs fenêtres… mangeant des biscuits.

 

 

Open minded

Créé par le 04 mai 2010 | Dans : bonheurs sensuels

 » Il n’y a pas un millimètre du monde qui ne soit savoureux.  » Jean GIONO
 

Les mots les mots…. ceux qui nous donnent le tournis, ceux qui nous mettent en colère, ceux qui nous rassurent, ceux qui nous révoltent, ceux qui nous font rire…

Ils sont comme les acariens…. ils vivent dans la poussière de nos vies… invisibles et omniprésents…

Et si je pouvais en attraper un au vol,  comme on attrape une plume, je choisirais un verbe.

Ouvrir.

Pour le prononcer d’abord… Le  » ou  » avec les lèvres qui s’arrondissent vers l’avant comme pour recevoir un baiser, le   » v  » comme un soupir discret qui s’infiltre entre les dents et les lèvres, le  » r  » comme une ascension de la gorge vers le palais, et puis le  » i » qui vient s’épanouir dans un sourire, tant qu’il en aspire sa dernière consonne.

Et pour tout ce qu’il laisse entrevoir…

Ouvrir une fenêtre,

Ouvrir ses yeux,

Ouvrir sa bouche,

Ouvrir ses oreilles,

Ouvrir ses bras,

Ouvrir un paquet cadeau,

Ouvrir une bouteille,

Ouvrir une lettre,

Ouvrir… la cage aux oiseaux,

Ouvrir ses jambes…

Ouvrir, ouvrir son esprit à l’infini….

Roger

Créé par le 24 avr 2010 | Dans : bonheurs enfantins

 » L’amour fait songer, vivre et croire. Il a pour réchauffer le coeur, un rayon de plus que la gloire, et ce rayon, c’est le bonheur.  » Victor Hugo
Roger, c’est mon beau-père, le père de mon mari, quoi…

J’adore mon beau-père.

J’adore Roger.

D’abord, parce qu’il me soigne… Il veille toujours à ce que mon verre soit empli de Pommard. Il me met de côté tous ses mensuels et ses hebdomadaires d’économie pour que je puisse travailler mon concours. Il me donne son dictaphone pour que j’enregistre mes cours, il m’a fait cadeau d’une liseuse pour que je puisse lire au lit sans réveiller son fils… Quand j’ai dit que je voulais aller travailler en vélo, il a sorti du fond du garage le vieux vélo de sa femme et il est allé voir les voisins pour qu’on le répare, et il me l’a donné.

On se regarde d’un oeil complice quand sa femme ronchonne, et quand elle a le dos tourné, je lui parle tout bas et je lui fais cracher un secret de famille…  » allez Roger, je ne dirai pas que vous me l’avez dit !!!  »

Et puis surtout il me rappelle mon grand-père, quand il se met à raconter ses histoires de jeunesse, dont tout le monde se fout mis à part moi… Sa femme se met à râler parce qu’il nous dit tous les petits détails, la 3ème maison sur la gauche, comment il faisait semblant d’aller voir sa cousine en vélo pour voir sa future femme, alors qu’il n’avait que 12 ans… Et elle, on voit bien que ça la barbe, mais lui, il a encore les yeux qui brillent, quand il me dit ça, et moi je bois ses paroles comme le pommard qu’il me sert sans fin, et je me rappelle quand j’étais toute petite, et que mon grand-père corse nous chantait, à mon frère et moi, des chansons dont nous n’avons compris le sens que bien des années après…

Et quand je l’écoute, j’ai envie d’y croire, pour une fois, au sens de la vie.

Le vinaigre balsamique

Créé par le 19 avr 2010 | Dans : bonheurs alimentaires, bonheurs sensuels

« La vie de l’homme est une chasse au bonheur. Parmi ces bonheurs, l’exercice de la gourmandise est un des plus importants.  » Jean GIONO

 

Au pays des sectes, il y a la secte des sucrés, et la secte des salés.

Pop-corns et Fromage blanc se saupoudrent de sel au lieu de sucre, mais bien entendu, nous n’avons pas d’équivalents pour le nutella ou la barbapapa.

En revanche, nous avons notre équivalent pour le caramel.

Il arrose généreusement la chair pulpeuse des tomates en été, juste avant de sublimer les échalottes et le basilic.

Il déglace à merveille les foies de volaille confits, ou les amandes rôties juste avant de couvrir les magrets.

Réduit avec le sucre et les myrtilles, il nappe d’un trait subtil le filet mignon et ravit les papilles.

Dans les woks, il révèle la saveur du gingembre et la douceur du soja.

Dire que j’ai grandi au vinaigre de cidre…

Le jour où j’ai goûté le vinaigre de framboise j’ai cru que je n’avais plus rien à goûter…

Fort heureusement je m’étais trompée !

Alors aujourd’hui quand je me sens triste je me dis que peut-être encore quelque part, quelque nectar me reste-t-il à découvrir.

 

A Star is born

Créé par le 13 avr 2010 | Dans : bonheurs inavouables

 » L’homme heureux est celui qui se retrouve avec plaisir au réveil, se reconnaît celui qu’il aime être.  » Paul Valery

 

6h30… Le réveil sonne… Ô sainte douleur que l’esprit qui s’éveille à une nouvelle journée de labeur.

Pour le préparer à cette nouvelle journée de doutes, de déconvenues, de frustrations, d’angoisses aussi…bref de névrosée, je lui réserve un plaisir égoïste.

Le premier de tous, avant celui du petit dej, avant la douche, avant l’oeuf qui s’est mué en confiture de myrtilles.

Je guette du coin de l’oeil le lever de l’homme, je sais qu’il ne va pas tarder, je le sens bouger, je reste attentive au rythme de la respiration, aux bruits des draps…

ça y est ! Il se lève… Il quitte la chambre…

Et je m’étale.

Telle une étoile de mer, je déploie mes membres et je reprends d’un coup l’intégralité du territoire nuptial. Il n’y a pas un centimètre carré de ce lit qui ne m’appartienne plus. Les deux oreillers suffisent à peine pour ma propre tête, mes bras et mes jambes comme des tentacules géantes, au bout desquelles les mains et les pieds frémissent de plaisir.

Les draps n’ont jamais été aussi chauds, aussi doux, aussi accueillants qu’en cet instant.

Il me reste une demie-heure d’égoïste cuisant.

 

Drag me to Hell

Créé par le 04 avr 2010 | Dans : bonheurs enfantins

« Réaliser dans l’âge d’homme les rêves de la jeunesse, c’est ainsi qu’un poète a défini le bonheur  » Léon BLUM

Quand j’étais petite, je jouais au loup avec mon frère. Ou plus exactement, au tueur sanguinaire. Pourquoi c’était toujours lui le loup, je ne saurais dire. Ce que j’aimais moi, c’était courir devant en hurlant de terreur. D’ailleurs, au bout de quelques minutes, je n’étais plus vraiment capable de courir, juste de crier. Je n’aurai donné ma place de victime hurlante pour rien au monde. J’adorais me sentir paralysée par la terreur, je riais à gorge déployée en même temps que je criais. Je savais que jamais je ne pourrais courir plus vite que le monstre qui était à mes trousses. Je savais qu’il allait finir par m’attraper, et cela me faisait plus peur encore, et rire encore plus fort.

Je crois que j’ai pris goût à ce mélange de joie enfantine, d’adrénaline et de peur.

Est-ce que c’est pour ça qu’aujourd’hui je me gave de films d’horreur ? A force d’en avoir vus, c’est dur d’en trouver un qui me fera cacher mes yeux derrière mes doigts entrouverts. Mais lorsque ça arrive, je me laisse emporter par la peur comme par un torrent, un torrent d’adrénaline dans lequel je me noie avec plaisir.

Je savoure ce danger comme s’il était réel.

Si un jour je pouvais avoir droit moi aussi, à un loup dans un parking souterrain, je suis sûre que malgré les années passées, je ne serais pas capable d’avancer bien loin, que l’adrénaline m’obligerait à m’arrêter plus vite que prévu, bien avant d’avoir retrouvé ma voiture, bien avant d’avoir attrapé fébrilement mon trousseau de clé pour en ouvrir les portières et m’y enfermer.

Je suis sûre que le loup me mangerait.

Faire sa révolution

Créé par le 10 mar 2010 | Dans : Non classé

 » L’avenir sera ce que vous en ferez  » Philippe DELERM
Aujourd’hui je reçois un magazine promotionnel de Bergère de France (la dame raoul s’est mise à tricoter récemment… on aura tout vu).

Sur la couverture une anorexique de 40 kg assise en tailleur devant une part de forêt noire, et ce titre : « créations de printemps pour fondre de plaisir !  »

J’ouvre le magazine et je la découvre jambes nues, ou devrais-je dire  » os nus  » puisque je ne peux me résoudre à donner le nom de jambes à ses pauvres membres inférieurs dépulpés.

C’est pas possible, de parler de gourmandise en nous montrant ce genre d’alien.

Je me connecte sur le site de Bergère de France et je clique sur l’onglet contact.

Je prends mon clavier à deux doigts et je leur ponds le petit texte qui suit :

 » Je suis choquée par le mannequin que vous avez choisi pour vous représenter sur le magazine  » créations de printemps pour fondre de plaisir « . Si cette demoiselle se met à fondre de plaisir alors assurément il ne restera rien sur votre couverture, étant donné que cette personne n’a déjà que la peau sur les os. Franchement donnez-lui quelquechose à manger à cette pauvre petite personne, et donnez-nous à regarder des filles qui nous ressemblent avec deux trois bourlets ici et là. Je suis sûre que vous en trouverez. Merci par avance  »

Je clique sur  » envoyer  » avec le sentiment d’avoir mené ma part de révolution. Pour que nos filles grandissent dans un monde où lipides et tabous ne rimeront plus ensemble, ou sucre et interdit ne seront plus amis, un monde où elles ne seront pas assaillies du matin au soir par ces images qui culpabilisent et démoralisent notre génération, où les chanteuses chantent en culotte et en soutien gorge (?!?). Qu’elle ne soit pas obligée de se retirer dans une grotte au creux de la montagne pour oublier ce qu’elle devrait infliger à son corps pour entrer dans le moule.

Pourquoi devrait-on rester silencieux quand on peut faire autrement ?

 

 

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