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La couleur de la colère

Créé par le 26 avr 2012 | Dans : Non classé

La couleur de la colère MONTAGE-FONTAINE« Ne fais pas de psychologie dans la colère, tu verrais trop juste » Jean ROSTAND

 

J’ai trop d’imagination. Beaucoup d’imagination, c’est bien. Trop d’imagination, c’est un handicap. Quand on a trop d’imagination, on a plein d’idées, tout le temps, des milliers d’idées qui viennent vous assaillir comme un essaim d’insectes affolés, dard dressé, prêt à l’attaque.

Mais qu’est-ce qu’on fait après avec toutes ces idées sur les bras ?

Ensuite, les idées vous donnent envie de faire plein de choses. Et très vite, on se heurte à des murs.

Le pire, c’est quand le mur c’est soi-même. C’est quand on se rend compte qu’on ne peut pas aller au bout de ses idées à cause de ses propres limites.

J’ai voulu courir le marathon. Je n’ai pas pu. Un de mes genoux à dit non. Le monde de mes idées s’est écroulé. J’avais déjà pourtant tout imaginé : les doses massives d’endorphine pendant les entrainements, l’ultime jouissance d’avoir accompli un acte exceptionnel, le bonheur de faire partie d’une élite au courage reconnu. Mais non. Tout cela est resté de l’imagination.

J’ai voulu faire de la plongée sous-marine. Je n’ai pas pu. J’ai lésé un de mes tympans. Je sais que je ne pourrai pas replonger. J’avais déjà pourtant tout imaginé : l’épave au large de Calvi, la fabuleuse sensation d’apesanteur, la sérénité retrouvée. Mais non. Tout cela est resté de l’imagination.

J’ai voulu maigrir 200 fois, j’ai voulu devenir un as de la guitare, un as du tricot, j’ai voulu me marier deux fois, j’ai voulu être la préférée de ma mère, j’ai voulu être conseiller d’orientation psychologue, j’ai voulu écrire un roman, et même pendant que j’essayais d’écrire le premier j’ai eu l’idée d’en écrire un second.

Et à chaque fois je me suis heurtée à mes propres limites.

Aujourd’hui, je voudrais peindre ma colère.

Je suis tellement souvent en colère, contre n’importe qui et n’importe quoi, que j’ai imaginé que je pourrais la sublimer.

Je me suis dit : Waouh, si je pouvais peindre ma colère, qu’est-ce que ce serait beau ! Qu’est-ce que ce serait intense, je serais vraiment une artiste, je pourrais peindre de magnifiques tableaux. Et quel bonheur de pouvoir sublimer enfin ma rage.

C’est vrai quoi !

Alors peut-être que j’essaierai un jour, peut-être pas.

En attendant, je laisse éclater sur les murs de mes pensées mes toiles écarlates aux couleurs sanguines, plongée sans risque pour mes tympans dans le musée intime de mes talents improbables.

la cigarette du condamné

Créé par le 19 avr 2012 | Dans : Non classé

 » C’est dans l’absolue ignorance de notre raison d’être qu’est la racine de notre tristesse  (…) » Anatole France

 

J’ai arrêté de fumer. Encore une fois. Pourquoi j’ai fait ça ? Je ne sais pas.

Enfin, j’ai presque arrêté de fumer. Souvent, je ne fume pas. De temps en temps, je tire sur ma cigarette électronique. Exceptionnellement, quand je suis vraiment énervée, je m’achète un paquet de blondes, et je le vide en quelques jours.

Il y a quelques temps, j’ai commencé à faire de la photo.

Je me suis découvert une nouvelle passion. J’ai l’impression de prolonger la beauté du monde, parfois même de la magnifier, et puis d’en emporter un bout avec moi aussi.

Et puis après je fais des petits albums photos en ligne, sur internet, et je les envoie à mes proches.

Je les envoie à mes parents, je les envoie à mon frère, à mes amis, et puis aussi à mes grands parents. C’est à peu près le seul contact que j’ai avec eux d’ailleurs.

Mes grands parents maternels et moi, c’est une longue histoire.

Ils ne répondent jamais à mes albums photos, ils ne m’en disent jamais rien, mais je sais qu’ils les regardent, alors je continue de leur envoyer.

Sauf ce soir. Ce soir , ils ont répondu.

Ils m’ont même envoyé des félicitations. Sauf qu’elles ne m’étaient pas destinées. Pour une fois qu’ils répondaient, il ne s’agissait pas de mes photos à moi.

Une fois n’est pas coutume, je leur avais envoyé les photos de celui qui m’a appris à en faire.

Alors j’ai eu envie de fumer. Très fort.

Mais c’était le soir, et les tabacs étaient fermés. J’ai fouillé dans mes affaires et j’ai trouvé 6 paquets de tabac à rouler presque vides. Allez savoir pourquoi je ne les avais pas jetés. Consciencieusement, je les ai vidés dans une feuille de papier, tous un par un, et j’ai réussi à me rouler une petite cigarette.

Cela m’a donné l’occasion d’aller la fumer sur le balcon.

Depuis mon balcon, j’ai vu qu’il y avait, à l’ouest, les nuages longs et effilochés de ma tristesse, et à l’est, j’ai vu qu’il y avait les gros nuages noirs de ma colère.

Je me suis dit que demain, peut-être, il ferait beau.

En aspirant le goût amer de ma peine.

 

la cigarette du condamné goutte1-682x1024

 

Et si…

Créé par le 15 sept 2011 | Dans : Non classé

Et si tu recommençais ta vie ?

Si tu changeais d’air et de direction

Si tu avais le droit d’avoir envie

De choisir une autre destination.

 

Et si tu déjeunais le matin ?

Rien qu’un peu de sucre, de beurre et de pain

Si tu nichais ton corps contre le mien

Autant de courbes et de chair entre tes mains.

 

Si on prenait le chemin des étangs ?

Couchés dans l’herbe, allongés comme des amants

Si on allait voir perler la rosée

Pour, à l’automne, en faire des livres reliés

 

Vivre  avec moi serait-il un fardeau ?

Notre maison serait-elle une prison ?

Aurais-tu peur de mes sautes d’humeur ?

Est-ce que tu aurais des secrets, des regrets ?

 

Et si je recommençais ma vie

Avec un homme qui m’aimerait pour de vrai

Si je pouvais reconstruire avec lui

Alors peut-être un jour il me dirait

 

Que vivre avec moi c’est plutôt un cadeau

Notre maison, un endroit pour le repos

Il n’a pas peur de mes sautes d’humeur

Et moi, je n’ai plus ni secrets, ni regrets.

Noble Sujet

Créé par le 19 août 2011 | Dans : Non classé

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Ce jour-là, j’étais à la recherche d’un noble sujet de macrophotographie : une abeille, un bourdon, un papillon, une sauterelle fluorescente… que sais-je encore.
Je me suis mise en chasse, mais il n’y avait que des fleurs, sous ce soleil, pas très éloigné de son zénith, et je désespérais déjà : de n’avoir pris que leurs pétales en photo, que rien d’admirable ne se soit posé dessus, que seul le vent dans les tiges me donne un peu de difficulté.

Certes j’étais déjà bien énervée car mon mentor avait à mon insu, changé mon objectif, et je râlais dans les allées, comme une éternelle insatisfaite, alors que je ne le suis pas, bien au contraire, je sais me satisfaire de peu de choses.

Voilà ma perte d’ailleurs : m’être toujours satisfaite de peu de choses, pensant souvent, que je ne valais pas mieux, que je ne méritais pas mieux que ce que j’avais. Cela m’a valu des années perdues, des parenthèses que j’aurais pu ne pas ouvrir.

Sauf qu’en macro, c’est différent… on n’est pas forcés de trouver un compagnon d’exception pour que les moments que l’on passe avec lui soient exceptionnels ; cette mouche en est la preuve.

Lorsque je l’ai aperçue de mon oeil de géante surplombant cette fleur, elle était minuscule, ridicule, indigne de moi, mais je me suis dit qu’il fallait bien que je m’occupe après tout !

Et une fois cet oeil enfoui dans l’objectif, c’était bien plus qu’une mouche.

La photo que je préfère depuis que j’ai commencé à shooter.

Pour le spectacle magique et inattendu que cette minuscule mouche m’a offert malgré l’indifférence que je comptais lui porter.

Jour de pluie

Créé par le 13 juil 2011 | Dans : Non classé

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Mamour

Créé par le 21 oct 2010 | Dans : Non classé

La première fois  que tu m’as parlé, j’avais 15 ans, je suis tombée amoureuse de toi et de tes grands yeux bleus.

Quelques jours après,  on s’est croisés à la MJC, et on a parlé pendant 2 heures sans s’arrêter.

Tu m’as raccompagnée à l’arrêt de bus, t’as fait mine de partir, et subitement, t’as tourné les talons, et t’es revenu me dire «  au fait, j’adore tes lunettes » … t’étais bien le seul….

Quand je venais te voir à Grenoble,  on dansait comme des indiens autour de la table basse du salon, pendant que les petits plats que tu me préparais cuisaient dans le four.

Tu me faisais manger des trucs marinés aux échalotes et à l’ail, et après on allait faire les disquaires de Grenoble avec notre haleine de chacal.

Le soir, on regardait des films d’horreur, et quand tu savais que j’avais vraiment peur, tu te cachais avec une lampe torche sous ta couverture, t’éteignais la lumière, et tu faisais la vieille sorcière lépreuse. Plus je criais, et plus tu te marrais.

Quand on s’appelait pendant des heures, tu me faisais rire tellement fort, que parfois ma fille se levait de son lit pour me demander de me taire, parce que je l’avais réveillée.

Quand ma fille m’a demandé ce qu’il y avait après la mort, je lui ai dit que je ne savais pas, que certaines personnes croyaient au Ciel, et d’autres à la réincarnation. Elle m’a demandé ce que c’était la réincarnation, et quand je lui ai expliqué, elle m’a dit :  » Moi, je sais en quoi il s’est réincarné, il est devenu une étoile….  » J’espère bien qu’elle a raison.

Le plus bel héritage que tu m’as laissé, c’est la musique que tu m’as fait découvrir.

J’ai eu cette chance que tu veuilles bien partager ta grande passion avec moi.

Parmi tous les groupes que tu m’as fait découvrir, il y avait mon groupe préféré, Lillian Axe.

Ils ont écrit une chanson qui m’a toujours fait pleurer. Aujourd’hui quand je relis les paroles je comprends enfin pourquoi.

En voici le refrain :

Ne peux-tu voir que je tombe ?

Ne sais-tu pas comme j’essaie de  m’accrocher  à tout l’amour que tu m’as donné ?

Oh, les ciels à présent s’effondrent.

Et les mers s’assèchent.

Se peut-il que pour moi, le monde s’arrête de tourner ?

 

Va en paix mon amour, je t’aime comme un frère, et je t’aimerai toujours, jusqu’à mon dernier jour.

Il est mort, Il est mort le Soleil

Créé par le 17 oct 2010 | Dans : Non classé

Il est mort, Il est mort le Soleil momof

Throwin’ it all away

Créé par le 01 oct 2010 | Dans : bonheurs sensuels, Non classé

 » Nulle passion n’est plus forte dans le coeur de l’homme que le désir de faire partager sa foi  » Virginia Woolf
 

ça commence par le bruit du vent qui souffle.

Et puis, quelques instants plus tard, un accord dans l’oreille gauche.

Le vent qui passe de droite à gauche et de droite à gauche, et puis s’éteint,  pour laisser sa voix grave se poser sur les accords.

Et puis il y a les choeurs, et puis la guitare électrique, et puis la batterie.

A mesure que sa voix se casse, à mesure qu’elle grimpe, j’ai beau savoir qu’il a écrit cette chanson pour un ami disparu, j’arrive pas à me sentir triste.

Surtout quand le violoncelle vient par petites touches, juste avant le solo. Et puis tout ça s’envole, musique et chants mêlés, comme un tourbillon léger.

C’est pas une chanson qu’il a écrite, c’est un tableau qu’il a peint.

Je le sais parce que, quand je l’écoute sur mon balcon, avec pour seule compagne cette maudite cigarette, tout à coup la ville et la nuit se colorent de pourpre et d’orangé.

Et je peux pas être triste de voir ainsi ma nuit chamarrée.

 

 

Le Matin des Magiciens

Créé par le 24 sept 2010 | Dans : Non classé

 » Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose  » Sigmund Freud

 

- Maman, est-ce que c’est vrai que le Père Noël n’existe pas ? A l’école, y en a qui disent que c’est les parents qui offrent les cadeaux à Noël.
- Le Père Noël existe tant que tu y croies, ma chérie. Le jour où tu n’y croiras plus, il ne viendra plus, alors effectivement après ce jour-là, ce sont les parents qui doivent prendre le relai…

Les Magiciens existent aussi… Les vrais magiciens, pas ceux qui montent sur les planches et vous font croire qu’on peut disparaître dans une boite.

Ils sont là, tout autour de nous.

Ils peuvent faire lever vos bras et faire joindre vos mains par leur seule parole unie à votre esprit, ils peuvent faire couler une rivière en vous comme ils peuvent faire couler des larmes de vos yeux fermés. Ils peuvent poser leurs mains sur vous et vous faire habiter votre corps.

Certains disent que c’est de la médecine, on pourrait le croire en lisant leur plaque argentée à l’entrée du vestibule.

Moi je dis que c’est de la magie. De la magie bienveillante.

Et tant que j’y croirai, ce sera vrai.

 

Je ne te dirai jamais assez Merci,  Docteur Sachs pour m’avoir donné son nom
 

Puzzle League

Créé par le 27 août 2010 | Dans : Non classé

 » Et où que j’aille, dans l’univers entier, je rencontre toujours, hors de moi comme en moi, l’irremplissable vide, l’inconquérable rien.  » Valéry Larbaud

 

A côté de l’endroit où je travaille, y a tout le temps des corbeaux. Eté comme hiver, des corbeaux et leurs cris éraillés. Fut une époque, c’est le son que j’avais choisi comme sonnerie de téléphone pour identifier les appels de ma mère. Un jour même, l’un d’entre eux a eu une charmante attention pour moi.

Mais là-bas, y a pas de corbeaux. Il y a des verdiers, des rapaces qui déploient leurs grandes ailes dans le ciel brûlant, des hiboux qui se répondent d’une montagne à l’autre, quand la nuit tombe, mais de corbeaux, jamais un seul je n’ai entendu de là-haut.

Je sais pas pourquoi, quand je suis là-bas, le puzzle de ma vie subitement se met en place.

Je sais pas pourquoi, mais c’est vrai, moi qui suis habituellement pleine de vide, cherchant depuis tant d’années à le combler avec du n’importe quoi, des addictions diverses et variées, quand je suis là-bas, tout à coup le vide… s’évanouit.

La crise identitaire n’est plus qu’un souvenir fumant dans la cheminée du bateau.

Peut-être parce que l’identité de l’île engloutit tout sur son passage. A moins que ce ne soit la maison encastrée dans la montagne et le maquis, à moins que ce ne soit quelquechose de plus mystique encore comme, peut-être, le destin.

Plusieurs fois je me suis dit que ma vie ce devait être là-bas, mais j’ai fait des choses qui rendent cette vie impossible pour le moment.

On me dit que ça fait toujours ça les vacances, mais quand je sème mes congés estivaux en d’autres lieux, j’ai pas l’impression en partant qu’on m’arrache un bras, j’ai pas envie de pleurer comme si on m’enlevait la terre de mes ancêtres.

Et puis il n’y a que là-bas que je supporte le silence.

Il n’y a que là-bas que je n’ai plus besoin de musique.

Comme si la voix de l’île se suffisait à elle-même.

Finalement, il n’y a que là-bas que le vide est reposant, à sa place.

Et moi, à la mienne.

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