bonheurs sensuels

Articles archivés

Mon Barbu

Créé par le 09 août 2011 | Dans : bonheurs sensuels

J’ai toujours rêvé d’avoir un barbu à moi.

Rien qu’à moi.

Dieu sait (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots), que j’en ai vu passer des barbus…

En tout premier, mon père. Barbe rousse d’abord, brune ensuite, et puis poivre et sel pour l’instant, avec les années qui passent. Mais il a fallu que je partage ce barbu-là avec ma mère, mon frère, et maintenant avec ma fille qui lui prend tous ses mercredis de retraite pour bricoler, cuisiner, dessiner, que sais-je encore. Bientôt sa barbe à lui sera toute blanche comme celle du Père Noël : mon deuxième barbu.

Mais celui-là, j’ai du le partager avec tous les enfants du monde, jusqu’à ce que je n’y crois plus ! A peine m’a-t-il prise une ou deux fois sur ses genoux, à peine un bisou au pied du sapin de l’école… assez décevant, ce barbu.

En 3ème il y eut mon psy… mais une fois encore j’ai du le partager avec des dizaines d’autres patients, et puis je lui tournais le dos, allongée dans mon divan… quant aux bisous, bien évidemment, il ne m’en a donné aucun.

Presque en même temps, voilà que mon frère jumeau décidât de se laisser pousser les poils de joues ! Mais quand il prit cette décision, cela faisait fort longtemps qu’il ne m’appartenait plus…

Alors je m’étais résignée, me disant que les barbus, un peu comme le Christ, sont des icônes que l’on est réduit à admirer sans jamais en avoir un pour soi seule.

Et puis j’ai fini par en trouver un.

Je croyais que tout était joué, que mon chemin était tout tracé.

Et pourtant, à présent, quand la nuit tombe, je mets ma tête sur son épaule, et je sens mon front qui se pose et s’apaise dans sa barbe soyeuse, et je me dis que celui-là n’est rien qu’à moi.

Throwin’ it all away

Créé par le 01 oct 2010 | Dans : bonheurs sensuels, Non classé

 » Nulle passion n’est plus forte dans le coeur de l’homme que le désir de faire partager sa foi  » Virginia Woolf
 

ça commence par le bruit du vent qui souffle.

Et puis, quelques instants plus tard, un accord dans l’oreille gauche.

Le vent qui passe de droite à gauche et de droite à gauche, et puis s’éteint,  pour laisser sa voix grave se poser sur les accords.

Et puis il y a les choeurs, et puis la guitare électrique, et puis la batterie.

A mesure que sa voix se casse, à mesure qu’elle grimpe, j’ai beau savoir qu’il a écrit cette chanson pour un ami disparu, j’arrive pas à me sentir triste.

Surtout quand le violoncelle vient par petites touches, juste avant le solo. Et puis tout ça s’envole, musique et chants mêlés, comme un tourbillon léger.

C’est pas une chanson qu’il a écrite, c’est un tableau qu’il a peint.

Je le sais parce que, quand je l’écoute sur mon balcon, avec pour seule compagne cette maudite cigarette, tout à coup la ville et la nuit se colorent de pourpre et d’orangé.

Et je peux pas être triste de voir ainsi ma nuit chamarrée.

 

 

Open minded

Créé par le 04 mai 2010 | Dans : bonheurs sensuels

 » Il n’y a pas un millimètre du monde qui ne soit savoureux.  » Jean GIONO
 

Les mots les mots…. ceux qui nous donnent le tournis, ceux qui nous mettent en colère, ceux qui nous rassurent, ceux qui nous révoltent, ceux qui nous font rire…

Ils sont comme les acariens…. ils vivent dans la poussière de nos vies… invisibles et omniprésents…

Et si je pouvais en attraper un au vol,  comme on attrape une plume, je choisirais un verbe.

Ouvrir.

Pour le prononcer d’abord… Le  » ou  » avec les lèvres qui s’arrondissent vers l’avant comme pour recevoir un baiser, le   » v  » comme un soupir discret qui s’infiltre entre les dents et les lèvres, le  » r  » comme une ascension de la gorge vers le palais, et puis le  » i » qui vient s’épanouir dans un sourire, tant qu’il en aspire sa dernière consonne.

Et pour tout ce qu’il laisse entrevoir…

Ouvrir une fenêtre,

Ouvrir ses yeux,

Ouvrir sa bouche,

Ouvrir ses oreilles,

Ouvrir ses bras,

Ouvrir un paquet cadeau,

Ouvrir une bouteille,

Ouvrir une lettre,

Ouvrir… la cage aux oiseaux,

Ouvrir ses jambes…

Ouvrir, ouvrir son esprit à l’infini….

Le vinaigre balsamique

Créé par le 19 avr 2010 | Dans : bonheurs alimentaires, bonheurs sensuels

« La vie de l’homme est une chasse au bonheur. Parmi ces bonheurs, l’exercice de la gourmandise est un des plus importants.  » Jean GIONO

 

Au pays des sectes, il y a la secte des sucrés, et la secte des salés.

Pop-corns et Fromage blanc se saupoudrent de sel au lieu de sucre, mais bien entendu, nous n’avons pas d’équivalents pour le nutella ou la barbapapa.

En revanche, nous avons notre équivalent pour le caramel.

Il arrose généreusement la chair pulpeuse des tomates en été, juste avant de sublimer les échalottes et le basilic.

Il déglace à merveille les foies de volaille confits, ou les amandes rôties juste avant de couvrir les magrets.

Réduit avec le sucre et les myrtilles, il nappe d’un trait subtil le filet mignon et ravit les papilles.

Dans les woks, il révèle la saveur du gingembre et la douceur du soja.

Dire que j’ai grandi au vinaigre de cidre…

Le jour où j’ai goûté le vinaigre de framboise j’ai cru que je n’avais plus rien à goûter…

Fort heureusement je m’étais trompée !

Alors aujourd’hui quand je me sens triste je me dis que peut-être encore quelque part, quelque nectar me reste-t-il à découvrir.

 

Baguette magique

Créé par le 25 août 2009 | Dans : bonheurs primitifs, bonheurs sensuels

 » Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’effort et de volonté, mais réside là tout près, dans la détente et l’abandon.  » Lama GUENDUNE

Ce n’est qu’un tout petit bout de plastique.

Un tout petit bâtonnet de plastique coloré, coiffé à chacune de ses extrémités de ouate blanche.

Peu importe le jour où l’heure de la douche, ou du bain, peu importe que l’on soit ou non en retard, que le téléphone sonne ou que le repas soit en train de cuire.

Je prends quoiqu’il arrive le temps de m’asseoir au bord de la baignoire, une serviette enturbannée autour des cheveux, les jambes nonchalamment croisées.

Je laisse mes yeux partir en l’air, mes paupières se fermer, tandis que le petit batonnet habillé de coton avance dans mon oreille.

Le présent s’efface doucement pour laisser la place au rituel. Il n’y a plus que le frottement du bâtonnet, le gratouillement délicieux des esgourdes, presque un râle incontrôlé qui monte dans le fond de la gorge, comme un orgasme.

Un orgasme que l’on peut avoir en double, une fois à droite, puis à gauche.

Puis les yeux s’ouvrent à nouveau et les contours flous des nuages se transforment en meubles, les murs reprennent la couleur des tapisseries et le carrelage ses reflets de porcelaine.

De la magie dans ce rituel quotidien, un lâcher prise indolent, égoïste et bienfaisant.

Rien que de la magie, dans un coton-tige.

 

 

 

 

Road after Storm

Créé par le 10 juin 2009 | Dans : bonheurs sensuels

 » Le bonheur, c’est du chagrin qui se repose  » Leo Ferré

 

L’odeur du bitume après l’orage.

Après ? Avant ? Ou pendant ?

Je ne sais plus.

Comme si l’odeur effaçait les frontières de l’espace temps.

L’odeur chaude et lourde, et si intense, oh oui, si intense, qui monte du bitume.

Une odeur qui sent le road moavie, les harley davidson, un truc qui rappelle vaguement sur la route de Kerouac, un livre que j’exhibais au lycée pour me donner un genre, alors même que je le trouvais chiant et que j’y comprenais rien.

Faut dire que j’avais pas envie de prendre la route ni envie de liberté à l’époque, en fin de compte. J’avais juste envie qu’on me remarque, pas envie de rester seule dans mon coin.

Mais pour pas être seule dans son coin ce qu’il fallait faire c’était porter les mêmes fringues que les autres, bêtasse ! Pas se promener avec un livre de Kerouac…

Quelle importance aujourd’hui ?

Juste envie qu’il y ait quelquepart un champ de colza pour s’unir avec le noir fuyant du ciel et cette odeur de bitume gorgé d’eau.

Peut-être même que je me prendrai pour un oiseau et que je ferai voler ma main par la fenêtre ouverte de la voiture, oui, je lui ferai prendre la résistance du vent, les dernières gouttes de l’orage, pour me consoler de tout ce que je ne serai jamais : le vent, la pluie, le motard sur la harley, la route, odorante, humide, infinie.

Red Red Wine

Créé par le 05 mai 2009 | Dans : bonheurs inavouables, bonheurs sensuels

«  Vous ne pouvez pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au-dessus de vos têtes, mais vous pouvez les empêcher de faire leurs nids dans vos cheveux  » Proverbe Chinois

Une journée de trop, comme il y en a parfois.

Un jour où l’on ne sait pourquoi on travaille là, à quoi ça sert, à quoi ça rime, est-ce que ça vaut même la peine de ramener un salaire à la maison ?

Je sors emplie de haine et de colère, les veines chargées d’adrénaline.

Le premier qui croisera ma route va manger.

Je décide de rentrer à pied.

Mais la longue marche dans les allées du Parc, sous les grands marronniers, n’y change presque rien.

J’ai beau respirer le gazon fraîchement tondu, lever les yeux au ciel pour n’y voir que les branches feuillues, prenant le risque de marcher dans les crottes des chiens citadins, rien n’y fait.

J’ai beau m’enfouir, une fois chez moi, dans le cou de ma fille, qui sent bon la crème hydratante et le shampoing à la fraise, rien n’y fait.

En une journée de trop, j’ai perdu le sens de la vie.

C’est pas la peine que je réclame un massage, que je cherche le pire des films d’horreur, le meilleur des chocolats…

Faut que je crache mon venin, que je touche le fond, que je pisse quelques larmes.

Au diable l’équilibre alimentaire, l’incompatibilité médicamenteuse, il me faut du vin.

Pas le bon bourgogne, non, quand même, mais le petit Cahors, le Bergerac ou le Bordeaux, feront très bien l’affaire…

Un verre puis deux puis trois, pas besoin de vider deux bouteilles pour me réchauffer la gorge.

Avec la course à pied j’ai perdu l’habitude des beuveries alors un rien me saoule, et c’est tant mieux.

Arrive ce vide joyeux et poétique où mes yeux errent autour du verre à pied.

Enfin je sirote le petit velours rouge et je sens les nerfs de mes épaules qui commencent à lâcher.

Je pleure à l’intérieur. Je ne sais pas pleurer dehors.
Je retrouve dans un morceau de musique une beauté mélancolique.

Pardonnez-moi mais ce soir, je n’avais pas trouvé d’autre échappatoire…

Iles flottantes

Créé par le 03 avr 2009 | Dans : bonheurs sensuels

 » Vous ne pouvez être que ce que vous êtes. Détendez-vous ! Le monde a besoin de vous tels que vous êtes.  » Osho Rajneesh

J’aime pas mon corps.

Je l’ai jamais aimé.

Il me le rend bien sur les photos d’ailleurs, il se venge, le salaud.

Pas trop dans les miroirs, parce que c’est mon esprit qu’il l’oriente pour y voir ce qu’il y veut.

Sauf dans ceux des cabines d’essayage. Comment fait-il pour rendre si disgracieux sur moi les vêtements si jolis sur les mannequins des vitrines ?

Il se venge, c’est sur.

Il se venge du mépris que je lui porte depuis si longtemps, de la guerre que je lui mène, incessante… des privations et des excès que je lui inflige au fil des ans.

J’envie les visages lisses et les ventres plats, les peaux mates et les jambes galbées, les tailles creusées, les petits pieds, les doigts fins, les yeux en amande, les poils blonds… et les poids légers….

Mais dans mon bain… j’aime mes seins…

Ces deux dômes lisses qui sortent de la mousse, leur peau blanche au bout de laquelle pointe le petit téton rose bonbon.

Et au milieu coule une rivière… au gré de ma respiration, une rivière qui se retire de son lit, une rivière dont les crues et les décrues suivent chaque souffle qui entre et sort.

Je reste là à les regarder flotter, cette vision étrangement m’apaise comme la vue iréelle d’une ile déserte et paradisiaque au large d’un océan.

Je suis sur cette île et je n’ai plus de raison de mépriser mon corps.

Je reste sur cette île jusqu’à ce que l’eau soit trop froide.

Et avant de rentrer j’aurai appris, d’abord que je suis une femme, et ensuite, que je peux l’aimer aussi.

s’endormir avec un autre

Créé par le 29 mar 2009 | Dans : bonheurs sensuels

 » Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé » Montesquieu

Mon esprit a besoin d’être distrait pour me permettre de m’endormir.

Me mettre au lit comme ça, à la fin d’un film,  ou après une soirée, ce n’est pas possible pour moi.

Mon esprit s’en va dans toutes les directions, il s’énerve, il s’excite, il pense à dix choses à la fois, parfois il s’égare de souvenirs en souvenirs et m’emmène dans des endroits que j’ai fuit depuis des années, alors il me faut me débattre comme en plein marécage pour que cessent ces tortures qu’il m’inflige.

Pour le distraire, parfois je lui inflige l’écran télévisé jusqu’à ce que le sommeil l’emporte sur son tumulte, puis dans un demi-éveil je rampe jusqu’à mon lit.

Mais ce que je préfère, c’est m’endormir en lisant.

Je suis à côté de l’homme qui partage ma vie, ou bien je suis dans le canapé, je tourne les pages une à une jusqu’à ce que mes yeux soient de plus en plus difficiles à garder ouverts. A un point tel que je fais de courtes pauses. Je garde les yeux fermés et je pose ma tête quelques dizaines de secondes, puis j’essaie de reprendre ma lecture.

A un moment je comprends que ce n’est plus possible, j’ai tellement envie de dormir que mon esprit s’est endormi avant moi, il ne viendra plus m’ennuyer avant demain matin, c’est bien certain maintenant.

Alors je sers mon livre contre moi, un doigt enfoui en lui à la page où je me suis arrêtée, je le colle à mon coeur, au chaud au creux de ma poitrine, et je m’endors paisiblement.

Oh je sais bien que plus tard dans la nuit, il profitera de mon sommeil pour échapper à mon étreinte.

Je sais bien qu’il tentera de s’enfuir au travers des collines de draps.

Mais à chaque fois dans sa fuite c’est l’homme qui l’arrête en se demandant bien ce que peut faire ce livre qui lui entre dans les côtes ou dans les reins au milieu de son lit, et d’un geste énervé il le jettera par terre.

Demain je devrais chercher pendant quelques minutes la page que j’avais laissée parce que je n’avais pas voulu y glisser un marque-page pour le laisser sur la table de nuit.

J’avais voulu m’endormir contre lui.

Je rêve que je…

Créé par le 15 mar 2009 | Dans : bonheurs sensuels

 » Le seul moyen de se débarrasser d’une tentation, c’est d’y céder  » Oscar Wilde

Il y a les rêves érotiques, ceux dont on se réveille parfois honteux de l’adultère qu’on y a commis, ou déçus que ce ne soit qu’un rêve, finalement, parfois encore plus déçus que la personne qu’on y ait rencontré n’existe pas. Parfois dégoûtés que la personne qu’on y ait touché soit un collègue infect, ou interloqués que ce soit une personne du même sexe que nous… Parfois nostalgique que ce soit un ancien amant qu’on ne reverra plus jamais…

Mais quoi de plus réel que ces rêves-là, quoi de plus proche de la réalité que ces rêves où l’on s’abandonne, on l’on ressent cette chaleur dans la gorge comme dans nos premiers émois….

Malgré tout, je préfère rêver que je fume…

Aaaaaaaaaaaaah…… les rêves où je fume…

Ils sont toujours la continuïté de ma journée bien réelle. J’y suis habillée pareil, avec les mêmes personnes, la seule différence est que je m’y autorise à fumer. Juste une cigarette.

Oui mais l’inspiration est comme une renaissance, l’expiration comme une libération. Je prends de longues bouffées et aussi un plaisir fou. Tout à coup tout est plus facile à vivre, plus facile à faire et à défaire. Et puis surtout, j’ai le sentiment de me retrouver, d’être tout à fait moi, comme si la cigarette était un prolongement de moi-même, quelquechose d’étrangement poétique, de sensuel et de mystérieux…

Lorsque je me réveille, je suis heureuse d’avoir fumé en dormant, d’avoir retrouvé cette sensation merveilleuse le temps d’un rêve.

ça fait deux ans que j’ai arrêté de fumer, et j’ai de très bonnes raisons de ne pas reprendre.

Mais quand même, quel bonheur, à chaque fois… que je rêve que je fume….

Le lutin vert |
Valérie et Martin |
FANTASIA |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | POUR VOUS TOUS
| Essais, erreurs et pacotilles
| makemebeautiful