bonheurs primitifs

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let it be

Créé par le 21 sept 2010 | Dans : bonheurs primitifs

 » Connais-moi si tu peux, ô passant, connais-moi ! Je suis ce que tu crois, et suis tout le contraire  » Marie Noël
Je suis brune… et je décolore mes cheveux pour qu’ils soient plus clairs.

Quand ils sont humides, ils se mettent à boucler.

Alors je les raidis à coups de lisseur.

Je suis gourmande, mais je ne rêve que de devenir svelte depuis plus de 20 ans.

J’ai les rotules fissurées qui se sauvent vers l’extérieur… et je veux courir le marathon.

Je me bats contre mes poils à renfort de pince, d’épilateur et de cire.

Il suffit que je décide quelquechose pour que subitement j’ai envie de faire tout le contraire.

La vie est mal faite.

C’est peut-être pour ça finalement, que je l’aime autant.

Parce qu’elle est comme moi : mal fouttue

Too Loud

Créé par le 30 oct 2009 | Dans : bonheurs primitifs

 » Ceux qui rient beaucoup sont plus heureux que ceux qui rient peu, car la gaieté épanche la rate et fait faire du bon sang  » Giacomo CASANOVA

 

Il dit qu’il n’aime pas quand je ris trop fort.

Je dis que je l’emmerde.

Je l’emmerde lui et tous ces culs serrés qui tremblent devant le qu’en dira-t-on.

Mais qui se soucie de mon rire à 22 heures ?

Quelle importance a cet éclat de voix à côté des hurlements des enfants du premier étage ?

Ces enfants qui grandissent dans les cris de leur père et de leur mère, dans la violence verbale, dans le chaos perpétuel ?

Qui ? Qui va se soucier de mon rire tonitruant ?

Pourquoi ? Pourquoi ne pourrais-je le laisser sortir à la hauteur de sa force ? Lui qui peut s’exprimer alors que toutes les autres voix de mon corps se taisent : les larmes, les peurs, les angoisses, qui n’ont ni droit de vote ni droit d’expression.

Alors faut-il encore que ce rire se taise lui aussi ?

Je l’emmerde lui et tous ces culs serrés.

Ils n’ont qu’à se marier aux miss nunuches qui ricanent gentiment sans montrer leurs dents.

Et quand je ne rirai plus, plus du tout, que dira-t-il alors ?

Se souviendra-t-il de ces décibels comme d’un hymne à la vie, la révolte, la colère, la résistance ?

Ou se dira-t-il bienvenue le silence ?

HAHAHAHHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHA

 

Baguette magique

Créé par le 25 août 2009 | Dans : bonheurs primitifs, bonheurs sensuels

 » Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’effort et de volonté, mais réside là tout près, dans la détente et l’abandon.  » Lama GUENDUNE

Ce n’est qu’un tout petit bout de plastique.

Un tout petit bâtonnet de plastique coloré, coiffé à chacune de ses extrémités de ouate blanche.

Peu importe le jour où l’heure de la douche, ou du bain, peu importe que l’on soit ou non en retard, que le téléphone sonne ou que le repas soit en train de cuire.

Je prends quoiqu’il arrive le temps de m’asseoir au bord de la baignoire, une serviette enturbannée autour des cheveux, les jambes nonchalamment croisées.

Je laisse mes yeux partir en l’air, mes paupières se fermer, tandis que le petit batonnet habillé de coton avance dans mon oreille.

Le présent s’efface doucement pour laisser la place au rituel. Il n’y a plus que le frottement du bâtonnet, le gratouillement délicieux des esgourdes, presque un râle incontrôlé qui monte dans le fond de la gorge, comme un orgasme.

Un orgasme que l’on peut avoir en double, une fois à droite, puis à gauche.

Puis les yeux s’ouvrent à nouveau et les contours flous des nuages se transforment en meubles, les murs reprennent la couleur des tapisseries et le carrelage ses reflets de porcelaine.

De la magie dans ce rituel quotidien, un lâcher prise indolent, égoïste et bienfaisant.

Rien que de la magie, dans un coton-tige.

 

 

 

 

Le Pré

Créé par le 11 août 2009 | Dans : bonheurs enfantins, bonheurs primitifs

 » Le bonheur pour une abeille ou un dauphin est d’exister, pour l’homme, de le savoir et de s’en émerveiller.  » Jacques-Yves COUSTEAU
 

As-tu déjà vu la houle parme qui danse à la surface des champs de luzerne ?

Si tu ne l’as jamais vue, alors tu ne sais pas à quoi servent tes yeux.

As-tu déjà froissé dans tes doigts la marjolaine qui borde les chemins, pour en respirer le parfum ?

Si tu ne l’as jamais fait crois-moi, tu ne sais pas vraiment te servir de tes doigts.

L’as-tu déjà entendu, le temps, ponctué par les tintements de cloche du troupeau qui s’en va paître le matin, et qui revient le soir, conduit par une mince baguette de bois à la main de cette même jeune femme, par le même chemin ?

Si tu ne l’as jamais entendu, alors crois-moi, tu ne sais pas à quoi te servent tes oreilles.

As-tu déjà senti le foin fraichement coupé, comme une chaleur lourde, t’emplir les narines et t’entêter ?

Si tu ne l’as jamais senti, crois-tu vraiment savoir à quoi te sert ton nez ?

As-tu déjà goûté la base jaune et sucrée d’une tige d’herbe tirée doucement par son sommet, alors même que le vert ne s’y est pas encore installé ?

Si tu ne l’as jamais fait, alors crois-moi, tu n’as jamais rien goutté.

Peu importe que tes yeux te servent à envier, que tes doigts te servent à montrer les objets que tu voudrais posséder, que tes oreilles écoutent ce que l’on veut bien y déverser, radio, pubs, télé, que tu renifles le dernier Jean-Paul Gaultier, ou que tu croies au vu de ton addition goûter le meilleur.

Cela ne compte pas vraiment, si tu ne connais pas le Pré.

C’est de l’art

Créé par le 11 août 2009 | Dans : bonheurs primitifs

 » La vie est en elle-même une toile vide. Elle devient ce que vous peignez dessus. Vous pouvez peindre la misère ou vous pouvez peindre la joie. Cette liberté est votre splendeur.  » Osho Rajneesh

 

On n’a pas le temps de regarder ses enfants, emportés qu’on est par le quotidien.

Le matin, il faut se dépêcher de déjeuner, s’habiller, se brosser les dents, on crie, on pousse, on presse…

Le soir après le travail, c’est la même chanson.

Le stress de la journée dans les pattes, on crie, on pousse, on presse ; il faut prendre la douche, mettre le pyjama, faire les devoirs, manger, préparer à manger…

On n’a pas le temps de regarder ses enfants.

Puis vient le temps des vacances.

Elle est là, devant son bol de chocolat, totalement absorbée par le dessin animé.

Avez-vous déjà vu la perfection ?

Il parait que le tableau de la Joconde s’en approche.

Mais ce n’est RIEN à côté d’elle :

L’arrondi parfait de sa joue, sa peau, qui semble si douce et veloutée, ses petites oreilles, son cou souple, que l’on voudrait remplir de baisers, sa petite bouche comme un fruit mur qui tout à coup se mue en sourire.

Quelle beauté.

Ô ma beauté, est-ce moi qui t’ai faite ainsi ?

Parfaite, à l’aube d’une vie qui j’espère, te sera aussi douce que le fin duvet qui par endroit te couvre.

Je n’ai rien à faire ce matin. Pas d’horaires à respecter, pas d’école, pas de train à prendre.

Alors je prolonge jusqu’à la fin ce moment de contemplation divin.

Le nez dans les poils

Créé par le 10 avr 2009 | Dans : bonheurs enfantins, bonheurs primitifs

« C’est quoi réussir sa vie sinon cela, cet entêtement d’une enfance, cette fidélité simple : ne jamais aller plus loin que ce qui vous enchante à ce jour, à cette heure » Christian Bobin

J’ai jamais eu de chance avec les animaux.

J’ai eu un chat, je l’ai pas fait castrer, il s’est enfui.

6 mois plus tard, je l’ai retrouvé tout raide devant la porte de mon appartement.

J’ai eu des poissons, et puis j’ai déménagé. Je les ai emmenés au bassin de l’animalerie le temps du déménagement, et puis je ne suis jamais allée les rechercher. De toute façon, ils étaient plus heureux là-bas que dans mon aquarium nettoyé de façon aléatoire…

J’ai adopté un chien à la spa. Il regardait les enfants comme des sandwichs, il a bouffé le short de mon proprio le jour où il n’a pas voulu me rendre ma caution. Mon mec le supportait plus, alors j’ai voulu le donner à un jeune homme, mais une fois chez lui mon chien a bouffé la main de sa copine. J’ai voulu le donner à une dame, mais une fois chez elle le chien a voulu bouffer son fils, alors elle l’a abandonné sur le parking d’un supermarché… Du coup mon chien est retourné à la spa.

Et puis j’ai eu un enfant, une petite fille.

Jusqu’à ce jour,elle ne s’est pas enfui.

J’ai déménagé , mais je n’ai pas eu à la laisser à l’animalerie, sa grand-mère s’est occupée d’elle pendant qu’on changeait d’appart.

Et pour l’instant, il n’est pas question de l’emmener à la spa.

Mais ce qui est génial, c’est qu’elle fait du poney le samedi après-midi.

Pendant qu’elle monte, je regarde le gros chat gris qui fait sa toilette perché tout en haut des meules de foin. Il me regarde en clignant de l’oeil, avec un air de torpeur d’après sieste, et de temps en temps il descend faire sa petite ballade d’un pas chaloupé.

Je carresse le gros chien qui vient me renifler jusqu’à ce qu’il se rende compte que ce n’est pas moi, cette semaine, qui ai fait un gateau pour les autres enfants.

Et quand elle a fini, je peux brosser les poneys avec elle.

Je me mets des grands poils partout sur les sapes, je mets mes doigts dans les crinières, je mets mes bottes dans la gadoue et mes jeans dans la poussière.

Et puis, comme les enfants quand ils descendent de leur monture, je fais des calins aux poneys. Je mets mes bras autour de leur cou et je plonge mon nez dans leurs poils pour m’imprégner de leur odeur, comme je le faisais autrefois avec mon chien mangeur d’enfants-sandwichs.

 

 

Mariner dans son jus

Créé par le 05 mar 2009 | Dans : bonheurs primitifs

 » Non s’efforcer vers le plaisir mais trouver son plaisir dans l’effort même, c’est le secret de mon bonheur  » André Gide

Juste après la course à pied, le coureur entre dans un état de grâce. Peu importe qu’il soit simple joggeur ou marathonien, l’après course est un moment de pure félicité où plus rien ne m’atteint,où tous les problèmes ou presque trouvent brusquement leur résolution, un moment de bien-être rare et difficilement reproductible en d’autres circonstances.

S’étirer tranquillement en bas de l’immeuble, écouter un dernier morceau dans le mp3, gravir légèrement l’escalier… Et retrouver la douce chaleur de l’appartement…

Non pas la douche, pas tout de suite.

Il a du mal à comprendre à quel point j’aime… baigner dans mon jus…

Ne pas me débarrasser tout de suite de la sueur et du sel à mon front, laisser sécher un peu sur moi mes vêtements trempés et odorants, garder encore le bonnet qui colle stupidement mes cheveux à ma tête.

Parfois cela dure des heures, des heures à trainer devant la télé dans cette tenue respirante mais qui ne respire plus que de mauvaises odeurs.

C’est comme prolonger ce moment de félicité d’après-course, rester dedans, encore un peu.

Encore rester dans ce corps que j’aime quand il a transpiré, quand les endorphines l’ont enfin réconcilié avec lui-même.

Car après la douche que reste-t-il de cette course sinon de vagues souvenirs ?

Qu’a t’on du sportif méritant dans son peignoir et ses chaussons ?

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