« Un même cauchemar donne une leçon au méchant et renseigne le bon »

Alden Nowlan

 

J’ai fait un rêve il y a deux jours.

J’étais passagère, à l’arrière d’un véhicule. A côté de moi, mon compagnon, mon amoureux, mon barbu.

A l’avant, ses deux sœurs.

Nous roulions sur une petite route de montagne, qui serpentait dangereusement au dessus d’un ravin vertigineux, des falaises sans fin, évoquant le grand canyon plutôt qu’un paysage français.

Et puis tout à coup, au détour d’un virage, la voiture fait une sortie de route, et se retrouve dans le vide.

J’entends la conductrice qui dit « ah ben là c’est fini »

Et je me rends compte que je vais mourir.

La voiture tombe sans bruit, bien à plat, dans le silence, et je vois la falaise défiler devant mes yeux, la chute est interminable.

Je sais que je n’ai aucune chance de m’en sortir, non, c’est impossible de survivre à une chute pareille. Je sais aussi que je ne vais pas souffrir, la chute sera trop brutale pour que je sente quoi que ce soit.

Mais je n’étais pas préparée à cela. Je n’arrête pas de me dire : voilà, c’est maintenant, c’est maintenant que ta vie va s’arrêter, tu vas être précipitée dans le néant, dans quelques instants, ce sera le noir, le black out, la disparition de ta conscience… plus rien.

Alors je saisis la main de mon compagnon, pour lui dire que je l’aime, pour me serrer contre lui, pour que ces derniers instants soient des instants de partage… Mais il ne me regarde pas, il regarde par la fenêtre.

J’ai beau serrer sa main, il regarde par la fenêtre, je voudrais lui parler, mais il n’a pas un regard pour moi…

Et je me réveille…

Avec à la fois l’angoisse encore présente de ce terrible cauchemar, et la sensation délicieuse d’être en vie. Un mélange d’émotions étrange.

Et vous savez quoi ? Je suis heureuse. Heureuse que mes dernières pensées dans ce rêve aient été de transmettre un message d’amour à l’homme que j’aime, même si lui, regardait par la fenêtre…