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Ce jour-là, j’étais à la recherche d’un noble sujet de macrophotographie : une abeille, un bourdon, un papillon, une sauterelle fluorescente… que sais-je encore.
Je me suis mise en chasse, mais il n’y avait que des fleurs, sous ce soleil, pas très éloigné de son zénith, et je désespérais déjà : de n’avoir pris que leurs pétales en photo, que rien d’admirable ne se soit posé dessus, que seul le vent dans les tiges me donne un peu de difficulté.

Certes j’étais déjà bien énervée car mon mentor avait à mon insu, changé mon objectif, et je râlais dans les allées, comme une éternelle insatisfaite, alors que je ne le suis pas, bien au contraire, je sais me satisfaire de peu de choses.

Voilà ma perte d’ailleurs : m’être toujours satisfaite de peu de choses, pensant souvent, que je ne valais pas mieux, que je ne méritais pas mieux que ce que j’avais. Cela m’a valu des années perdues, des parenthèses que j’aurais pu ne pas ouvrir.

Sauf qu’en macro, c’est différent… on n’est pas forcés de trouver un compagnon d’exception pour que les moments que l’on passe avec lui soient exceptionnels ; cette mouche en est la preuve.

Lorsque je l’ai aperçue de mon oeil de géante surplombant cette fleur, elle était minuscule, ridicule, indigne de moi, mais je me suis dit qu’il fallait bien que je m’occupe après tout !

Et une fois cet oeil enfoui dans l’objectif, c’était bien plus qu’une mouche.

La photo que je préfère depuis que j’ai commencé à shooter.

Pour le spectacle magique et inattendu que cette minuscule mouche m’a offert malgré l’indifférence que je comptais lui porter.